zigouiller


zigouiller

zigouiller [ ziguje ] v. tr. <conjug. : 1>
• 1895; o. i.; p.-ê. d'un dér. dial. du lat. secare « couper »
Fam. Tuer. « me voir poursuivi par des monstres, zigouillé, coupé en morceaux » (A. Gide).

zigouiller verbe transitif (mot poitevin, de zigue-zigue, mauvais couteau) Populaire. Égorger, tuer, assassiner.

⇒ZIGOUILLER, verbe trans.
Populaire
A. — Vieilli. Égorger, assassiner avec un couteau. — « Il est donc mort? » interrogea Patrick.« Hier dans la soirée, annoncent les journaux. Ah! les apaches qui l'ont zigouillé proprement nous ont rendu un fier service » (BOURGET, Actes suivent, 1926, p. 130).
B. — 1. [Le compl. désigne une pers.] Synon. de tuer. Silence, sacré nom! Ce n'est pas le moment de rigoler, ou on va se faire zigouiller comme des lapins! (BENJAMIN, Gaspard, 1915, p. 25). D'un coup de carabine il zigouille le militaire et comme son épouse s'enfuit il lui tire dessus (QUENEAU, Loin Rueil, 1944, p. 36).
2. [Le compl. désigne un objet] Rare. Mettre à mal, endommager. Les fauteuils du salon, qui étaient en acajou, y ont passé en douce. I' les zigouillait et les découpait pendant la nuit (BARBUSSE, Feu, 1916, p. 37).
REM. Zigouillage, subst. masc., pop. Action de tuer quelqu'un; résultat de cette action. Très difficile, pour cent raisons, de nous zigouiller, Maurras et moi. Zigouillage qui eut d'ailleurs entraîné, par réciprocité, celui de quelques centaines de francs-maçons, anciens ministres (L. DAUDET, Police pol., 1934, p. 115).
Prononc.:[ziguje], (il) zigouille [-guj]. Étymol. et Hist. 1. a) 1895 « tuer, assassiner avec un couteau » (d'apr. DAUZAT, Arg. guerre, 1918, p. 110: zigouiller était déjà employé en 1895 à Madagascar par les troupes coloniales); 1897 se zigouiller (RICTUS, Soliloques, Nouv. éd. Paris, 1919); b) 1915 « tuer » (BENJAMIN, loc. cit.); 2. fig. 1916 « démolir » (BARBUSSE, loc. cit.). Mot dial. du Centre et de l'Ouest signifiant « couper un objet avec un mauvais couteau », dér. de zigue-zigue « mauvais couteau », formé sur le rad. onomat. zik- qui exprime le bruit d'un mouvement rapide. Fréq. abs. littér.:17. Bbg. CHAMBON (J.-P.). Qq. « inconnus » du FEW. R. Lang. rom. 1979, t. 83, p. 266. — DAUZAT Ling. fr. 1946, p. 295. — QUEM. DDL t. 17 (s.v. zigouillage).

zigouiller [ziguje] v. tr.
ÉTYM. 1895; dialecte du Poitou, « couper avec un mauvais couteau »; zigailler « couper maladroitement, scier mal »; orig. incert.; p.-ê. du lat. secare « couper ».
Familier.
1 Vieilli. Tuer, assassiner (qqn) avec un couteau. || On en ramasse (cit. 16) un dans un coin, zigouillé.
2 (1915). Mod. Tuer.
1 À présent je puis faire des rêves affreux, me voir poursuivi par des monstres, zigouillé, coupé en morceaux (…) ça ne devient jamais du cauchemar.
Gide, Journal, 20 déc. 1924.
2 (…) d'un coup de carabine il zigouille le militaire et comme son épouse s'enfuit il lui tire dessus.
R. Queneau, Loin de Rueil, p. 36.
DÉR. Zigouillage.

Encyclopédie Universelle. 2012.